
La ministre flamande du Bien-être, Caroline Gennez (Vooruit), a présenté lundi un programme d'aide à la jeunesse qui vise à soutenir 2.000 enfants supplémentaires au cours de la législature. Parmi les mesures prévues, une "protection prénatale" qui permet dans certains cas une prise en charge forcée de femmes enceintes dites vulnérables.
Le programme prévoit d'investir 120 millions d'euros pour répondre à la crise profonde que traverse le secteur de l'aide à la jeunesse depuis plusieurs années au nord du pays. Il prévoit entre autres de centraliser les places disponibles dans les structures d'aide à la jeunesse afin de pouvoir suivre en temps réel les capacités d'accueil. Une application sera également mise en place pour permettre une mise en relation plus efficace entre les parents d'accueil et les enfants nécessitant une prise en charge d'urgence.
Le plan prévoit aussi de suivre les enfants/fœtus avant leur naissance à travers une "protection prénatale". Les femmes enceintes dites vulnérables (dépendantes de l'alcool/de drogues ou sujettes à des problèmes de santé mentale, notamment) seront mieux recensées et une aide spécifique leur sera proposée. Si l'aide est refusée, elles pourront être placées sous surveillance contre leur gré.
Cette mesure a suscité les critiques du parti d'opposition Groen. "Dans les situations problématiques, cette mesure aura surtout pour effet que les femmes vulnérables éviteront de demander de l'aide par crainte que leur enfant leur soit retiré. Et dans la pratique, cela n'a aucun sens tant qu'il existe d'énormes listes d'attente. À quoi bon obliger les femmes à demander de l'aide si cette aide n'est tout simplement pas disponible?", a déploré le député flamand Jeremie Vaneeckhout.
Il juge la protection prénatale discutable du point de vue des droits des femmes: le plan réduit les risques pour les enfants à la seule responsabilité de la mère, comme si les difficultés familiales se jouaient en vase clos, selon les écologistes.
Pour le PTB-PVDA, le plan n'apporte aucune réponse à la crise que traverse le secteur. "La capacité supplémentaire prévue est insuffisante pour réduire ne serait-ce que de moitié les listes d'attente et la ministre oublie une fois de plus le personnel", a déclaré la députée Lise Vandecasteele. Depuis des années, les professionnels tirent la sonnette d'alarme, mais les listes d'attente ne cessent de s'allonger, déplore-t-elle.
Le plan prévoit en outre de modifier la législation afin de permettre un "secret professionnel partagé". "De nombreux services disposent de toutes sortes d'informations sur un enfant, mais ces informations ne sont pas partagées, ce qui oblige les personnes concernées à raconter dix fois leur histoire", a expliqué la ministre Gennez. "Nous allons demander aux travailleurs sociaux de travailler collectivement, ce qui est actuellement impossible en raison du secret professionnel. Dans le secret professionnel partagé, la logique est inversée: les informations sont partagées, sauf s'il existe une bonne raison de ne pas le faire."
source: belga
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