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Pertes de mémoire et démence: quand le subjectif rencontre l’objectif…
17/10/2023 - 12:25
Photo: Shutterstock

« Docteur, je n’ai plus de mémoire… » Cette réflexion conduit souvent à rassurer le patient en minimisant les plaintes. Cela se fonde sur le principe que si l’on s’en rend compte, ces petits troubles ne sont pas graves… Une étude allemande tend à montrer le contraire…

Ainsi elle a été menée auprès de 439 participants présentant une défaillance cognitive subjective, ayant en moyenne 71 ans, et n'ayant pas été diagnostiqués avec une démence ou un léger déficit cognitif. Les participants ont passé une batterie de tests évaluant leurs compétences en matière de réflexion et de mémoire. Ces tests comprenaient la mémorisation de listes, la reproduction de dessins, ainsi que l'identification précise de délais et de lieux actuels. Les déficits légers aux tests ont été définis par un score d'au moins 0,5 écart-type en dessous de la moyenne.

Parmi les participants présentant une défaillance cognitive subjective, 13 %, soit 55 personnes, présentaient des déficits légers aux tests au début de l'étude, tandis que 87 %, soit 384 personnes, ne montraient pas ces déficits mineurs. Par la suite, les participants ont été suivis en moyenne pendant trois ans afin de déterminer qui développerait un léger déficit cognitif.

Après ajustements pour l'âge et le genre des participants, les chercheurs germaniques ont observé que les individus ayant une défaillance cognitive subjective et des déficits légers aux tests étaient plus de quatre fois plus susceptibles de développer un léger déficit cognitif que ceux ne présentant pas de déficits mineurs. De plus, ils indiquent que parmi les participants présentant une défaillance cognitive subjective, 17 %, soit 58 personnes, qui n'avaient pas de déficits légers, et 48 %, soit 24 personnes, qui en avaient, ont fini par développer un léger déficit cognitif.

Ils ont également constaté que les individus avec une défaillance cognitive subjective et des déficits légers aux tests avaient une probabilité de 36 % de développer un léger déficit cognitif dans les deux années suivant l'étude, et une probabilité estimée de 84 % de développer un léger déficit cognitif dans les quatre années qui ont suivi. Enfin, ces participants ont présenté des niveaux de biomarqueurs plus élevés, mesurant les changements protéiques dans le cerveau, indiquant un risque accru de développer la maladie d'Alzheimer.

Ces résultats éclairent la relation entre le déclin subjectif et objectif qui précède le diagnostic de la démence d'Alzheimer. Il estime que les futures recherches pourraient permettre aux médecins de mesurer et de communiquer le risque individuel aux personnes présentant une défaillance cognitive subjective.

Relevance of Minor Neuropsychological Deficits in Patients With Subjective Cognitive Decline