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Antibiotiques: des améliorations, mais la prescription hors remboursement reste un souci
27/01/2026 - 12:24
Photo: Shutterstock

Après avoir recommandé en 2022 à l'administration et aux instances compétentes de prendre le taureau par les cornes pour faire baisser à travers le pays la consommation d'antibiotiques, pas toujours utilisés de manière adéquate, la Cour des comptes constate dans un rapport publié vendredi qu'il y a eu depuis des améliorations.

"Par rapport à 2019", la prescription d'antibiotiques remboursés a "diminué de 8 % entre juin 2024 et mai 2025", note-t-elle. Il est possible que ce soit entre autres le résultat de la publication, en fin 2023, d'indicateurs de bonnes pratiques cliniques dans la prescription d'antibiotiques. L'Inami a voulu de cette manière donner des lignes directrices aux médecins généralistes, pour réduire les prescriptions inutiles et ainsi freiner la résistance aux antibiotiques et les infections nosocomiales. Dans un second temps, l'Inami a d'ailleurs fourni un feedback aux médecins généralistes prescripteurs.

La Cour des comptes salue également l'intention du gouvernement de rendre obligatoire la délivrance en pharmacie de la quantité exacte d'antibiotiques nécessaires, plutôt que les boites entières de chaque médicament. C'est déjà le cas en maison de repos et en hôpital. Pour les pharmacies, cela devrait être mis en place "en avril 2026", et c'est une bonne chose, notent les auditeurs.

Les conclusions sont cependant contrastées, car la Cour des comptes observe que si la quantité globale d'antibiotiques délivrés a baissé entre 2019 et 2023, la part de ces antibiotiques tombant hors des conditions de remboursement a quant à elle augmenté, de 11% (2019) à 12% (2023). Or, ces prescriptions tombent hors du contrôle de l'Inami. Une des recommandations de la Cour des comptes en 2022 était de "rendre automatique le remboursement de tous les antibiotiques afin d'éviter qu'ils ne sortent du champ de contrôle de l'Inami si le prescripteur ne respecte pas les conditions de remboursement". Une recommandation qui n'a pas eu de suite, constate la Cour dans son rapport publié vendredi.

Elle s'inquiète particulièrement de la consommation de certains antibiotiques dont les effets secondaires peuvent être importants, qui au fil des ans sont devenus majoritairement prescrits en dehors des conditions de remboursement, alors que ces conditions ont justement pour but d'imposer les bonnes pratiques cliniques. 66% des quinolones prescrites l'étaient hors remboursement en 2023, et cela passe même à 87% pour d'autres antibiotiques de deuxième intention comme les céphalosporines de troisième génération, s'inquiète la Cour des comptes. On essaie pourtant de limiter au strict nécessaire l'usage de ces médicaments "de deuxième intention", qui ne sont normalement pris qu'après avoir essayé un autre antibiotique.

source: belga