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Violences à l’officine: vos réponses à notre enquête
29/04/2014 - 01:58

Il y a deux semaines, dans MediPlanet, nous posions la question aux médecins : «  Avez-vous déjà subi une agression dans votre cabinet ».

Les résultats étaient surprenants!

Interpellé par cette violence envers des professionnels de la santé nous nous sommes retournés vers les pharmaciens et dans PharmaPlanet nous avons posé les mêmes questions: Avez-vous déjà subi des violences dans votre officine, quels types de violences, avez-vous porté plainte et souhaitez-vous une formation à la gestion de la violence?

Vous avez été nombreux à répondre. Découvrez les résultats et les réactions.

Vous êtes 84% à nous avoir répondu avoir déjà subi un acte de violence dans votre officine (85% chez vos collègues flamand) Un chiffre plus important que chez les médecins (66% pour les francophones et 77% pour les flamands) mais qui s’explique probablement par les braquages plus fréquents et les  toxicomanes en manque, qui réclament des produits de substitution. 

Mais de quel type de violence s’agit-il? Verbale ou physique?

Majoritairement verbale (71%) la violence physique s’est malheureusement manifestée dans 29% des cas. Des chiffres que l’on retrouve à 2% près dans le Nord du pays.

Chez les médecins, c’est 34% des répondants qui déclarent avoir subi une agression physique. Comment expliquer ce chiffre plus élevé chez le médecin? Le pharmacien parviendrait-il à mieux gérer la violence du patient et ainsi éviter l’escalade vers une violence qui s’exprime plus brutalement?

Un autre chiffre qui était interpellant chez le médecin était le taux particulièrement bas des plaintes. Seulement 19% des médecins francophones ont déclarés avoir porté plainte (25% en Flandres).

Et chez les pharmaciens?

Il y a 42% des répondants qui ont déclaré avoir porté plainte (52% en Flandres).

Un chiffre plus élevé que chez les médecins qui s’explique certainement par la gravité des actes  commis et les obligations administratives pour le remboursement des dommages occasionnés, mais qui reste quand même interpellant quand on sait combien la violence verbale peut également entraîner des dommages psychiques important.

Pour les pharmaciens interrogés par PharmaPlanet, cela peut s’expliquer par diverses raisons : l’empathie d’abord mais aussi la peur des représailles car « bien souvent la plainte n’aboutit pas et le délinquant revient vous menacer ». La lourdeur administrative d’une plainte et la perte de temps occasionnée pour un résultat souvent décevant est aussi une des raisons évoquées.



Des situations de violences verbales et physiques qui mériteraient une formation complémentaire?

C’est la question finale que PharmaPlanet pose aux pharmaciens et à laquelle vous avez répondu oui à 58% (47% chez vos collègues flamands).

La violence est donc une situation complexe que les associations professionnelles des pharmaciens connaissent bien.

Pour Jan Depoorter, vice-président de l’APB, la violence dans l’officine est une réalité que les pharmaciens subissent au quotidien. «  Leur disponibilité est à la fois leur vulnérabilité. Mais que voulez-faire? Fermer les portes des pharmacies? »

« Mais nous sommes conscient du problème, poursuit-il, « un de nos prochains Conseil Fédéral abordera d’ailleurs ce sujet. En ça vos chiffres nous seront très utiles. »